Pre-exposure prophylaxis "on demand": Study shows PrEP is of interest to gays in France

Published: December 7, 2011

L’ANRS s’apprête à lancer l’essai Anrs – IPERGAY, le premier essai de prévention pré-exposition (PrEP) du VIH, « à la demande », pour les gays exposés sexuellement au risque VIH. Cet essai randomisé en double aveugle proposera en France et au Québec à des gays séronégatifs un traitement par Truvada (vs. placebo) pris au moment des relations sexuelles dans un cadre global et renforcé de prévention (mise à disposition gratuite de préservatifs et de gel, dépistage et traitement des IST, vaccination contre les hépatites, conseils personnalisés de prévention …). Savoir si les gays sont intéressés à participer à un essai de Prep est crucial. C’est ce qu’ont tenté de déterminer des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Aix-Marseille, et de l’ORS PACA, en collaboration avec l’Association AIDES. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue scientifique Aids Care . L’étude a été soutenue par l’ANRS.

Pour identifier les barrières et les motivations associées à l’intérêt à participer à un essai de Prep « à la demande », les chercheurs ont élaboré un questionnaire qui a été distribué pendant l’été 2009 par des militants de l’association AIDES à 527 gays rencontrés dans des lieux de convivialité gay (à Paris et en province) et sur des sites internet communautaires.

Parmi les 443 répondants se déclarant séronégatifs, 40% se disent intéressés à participer à essai de Prep.
Ces derniers déclarent en moyenne 24 partenaires sexuels masculins dans les douze derniers mois. Parmi ceux se définissant sexuellement actifs au moment de l’enquête, 82% ont déclaré avoir des rapports sexuels trois jours par semaine ou moins. Les individus les plus intéressés par l’essai ont un nombre plus élevé de partenaires sexuels dans les douze derniers mois, et utilisent moins souvent le préservatif avec leurs partenaires occasionnels. Ils préfèrent que les visites de suivi prévues dans le cadre de l’essai aient lieu dans un espace hospitalier uniquement dédié à l’essai plutôt qu’en cabinet de ville ou dans un service hospitalier classique.

Selon Nicolas Lorente, (Inserm U 912, ORS PACA, Marseille) premier signataire de cet article: « Ces résultats nous informent qu’il existe un réel intérêt dans la communauté pour une approche innovante dans la prévention chez les gays. Ces résultats très encourageants pour la conduite de l’essai ANRS Ipergay viennent compléter les conclusions de la consultation effectuée par le TRT- 5 auprès de la communauté gay. Ils ne doivent pas, en tout état de cause, faire relâcher l’effort important qui est entrepris par l’ANRS et par les associations LGBT et de lutte contre le VIH/sida pour informer au mieux les gays des enjeux et objectifs de l’essai ».

Selon le Pr Jean-Michel Molina, responsable scientifique de l’essai ANRS Ipergay « Le nombre important de gays séronégatifs qui se déclarent intéressés par un essai de Prep à la demande, en particulier parmi les hommes les plus exposés au VIH et dont la sexualité est concentrée sur quelques jours de la semaine, nous suggère qu’un tel essai est faisable en France. ».

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