Lueurs de progrès pour les Mongols gays au cœur de la peur et de l'ostracisme

Published: juillet 7, 2012

Un vendredi soir du mois de juin, l’unique bar gay d’Oulan-Bator, un bâtiment sombre dans une multitude de bâtiments sombres. Avec des ombres crispées, la porte hermétiquement fermée, l’intérieur du bar 100% gay déborde de la joie de vivre. De grands hommes mongols en chemise de hauts couturiers se tiennent debout, les bras des uns autour des autres, laissant échapper des nuages de fumée de cigarette. Un drapeau arc-en-ciel se trouve au milieu des bouteilles de vodka derrière le bar.

La Mongolie est un pays traditionnellement pastoral de 2,7 millions de personnes qui se trouve entre la Russie et la Chine. C’est un endroit bien difficile pour les gays. L’homosexualité a été considérée comme un tabou à partir des années 1920 jusqu’en 1990, lorsque le pays était sous le régime soviétique. Avant 2002, ce comportement était techniquement illégal.

Cependant, au cours des dernières années, un petit groupe de militants des droits de l’homme à Oulan-Bator a bravé l’ostracisme, l’intimidation et la violence pour construire une communauté gay. En 2009, ils ont mis sur pied la toute première organisation des droits des homosexuels en Mongolie – « Le centre pour les lesbiennes, les gays les bisexuels et les transgenres ». Ils ont conçu une campagne de grande envergure médiatique sur la chaine de télévision Mongole et ont lutté pour une législation anti-discrimination au parlement. Robyn Garner qui est un co-fondateur du Centre LGBT et résidant désormais aux Philippines déclare : « fondamentalement, la situation s’améliore là-bas, bien que la Mongolie demeure un endroit dangereux pour les LGBT ».

La récente découverte de vastes gisements minéraux en Mongolie a pratiquement accéléré sa croissance économique. De luxueux bars et restaurants ont vu le jour parmi les différents appartements et dans les étroites ruelles parsemées de décombres de la capitale soviétique. Néanmoins, un afflux de capitaux étrangers a également suscité une hausse des groupes néo-nazis ultranationalistes qui croient au recours à la violence pour éloigner au maximum l’influence étrangère. Leur ombre plane sur la ville, dans les croix gammées des graffitis sur les murs des immeubles d’habitation et dans les groupes d’hommes chauves vêtus de cuir qui rôdent dans les rues la nuit.

De nombreux Mongols gays vivent dans la peur de ces groupes. En 2009, un groupe d’ultranationaliste a battu et violé trois femmes transgenres dans les faubourgs de la ville. Plusieurs personnes travaillant au Centre LGBT ont été menacées de mort et victimes de tentative d’enlèvements. « Ce n’est que par la grâce de Dieu que nous avons réussi à nous échapper », comme le rapporte Garner.

Bien que la communauté LGBT d’Oulan-Bator se développe rapidement, les militants affirment que l’héritage de l’intolérance soviétique du pays demeure un obstacle difficile à surmonter. Pour Otgonbaatar Tsedendemberel, l’actuel directeur exécutif du centre, « la majorité du public croit que l’homosexualité est juste une simple imitation des étrangers ». Du haut de ses 32ans, Tsedendemberel affirme que dans la campagne mongole – une immense étendue infinie de prairies et de désert, où près de 40% de la population vit dans des tentes colorées – les jeunes hommes sont sous l’intense pression de se marier et avoir des enfants avant l’âge de 25 ans. De nombreux hommes gays mongols craignent que leurs parents voient leur homosexualité comme une sorte de trahison.

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