Ipergay: Is the trial of treatment as prevention doomed for failure?

Published: June 28, 2011

Envisagé depuis deux ans, préparé depuis de longs mois par des investigateurs dont Jean-Michel Molina, l’essai Ipergay de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) devrait débuter à l’automne 2011.
 
Une date toujours au conditionnel, ce qui laisse un peu songeur sur l’état d’avancement de cet essai qui, à deux millions d’euros, est pourtant l’un des plus ambitieux de l’ANRS, toutes catégories confondues. Mais à quelques semaines du lancement, Ipergay soulève encore des interrogations et doit relever plusieurs défis.
 
IPERGAY: DE QUOI S’AGIT-IL?
 Ipergay est un essai qui vise à recruter des hommes et des trans’ séronégatifs ayant « des relations anales avec des hommes sans utilisation systématique d’un préservatif, avec au moins deux partenaires sexuels différents dans les six mois précédant leur participation à l’essai. »
 
L’objectif principal de l’essai est de savoir si un antirétroviral (Truvada, du laboratoire Gilead) pris avant les rapports sexuels permettrait de réduire la transmission du VIH. Plusieurs essais sont menés à travers le monde, dont IPrex chez les homos, qui a montré une efficacité limitée puisque le traitement n’a permis de réduire que de 44% le risque de transmission.
 
Au sein des associations, beaucoup s’interrogent sur l’état d’avancement d’Ipergay. Pour avoir assisté à une réunion au Centre LGBT Paris-IdF en mai dernier, c’est peu de dire que les promoteurs scientifiques et associatifs d’Ipergay semblent encore manquer d’enthousiasme et de conviction. Ils en auront pourtant besoin pour recruter les 500 volontaires prévus pour la phase pilote de l’essai.
 
LA QUESTION DU PLACEBO
 Pour arriver à répondre à l’objectif qu’ils se sont fixés, les investigateurs de l’essai doivent disposer de données fiables, statistiquement pertinentes et sans ambiguïté. C’est pour cette raison que les volontaires de l’essai Ipergay seront divisés en deux groupes: l’un recevra le traitement, l’autre un placebo, et ni le médecin ni le volontaire ne sauront ce qui est prescrit. Les deux groupes de volontaires recevront par ailleurs des conseils personnalisés de prévention et se verront proposés un suivi intensif pendant l’essai (dépistage et traitement des IST, matériel de prévention, conseils et soutien communautaire, traitement post-exposition si nécessaire).
 
Cet appel au placebo ne passe pas très bien au sein de la communauté gay, comme en témoigne la teneur des discussions qui ont eu lieu lors de la consultation communautaire du TRT-5 en 2010. Le TRT-5 écrit dans son rapport sur la consultation communautaire: « Le recours au placebo peut être perçu comme un frein potentiel au recrutement dans l’essai, dans la mesure où il introduit une incertitude quant au bénéfice individuel direct qu’il y aurait à y participer – sans certitude de ce bénéfice, l’adhésion des participants serait elle aussi incertaine. Sur un plan plus éthique, les préoccupations sont diverses. Quelques remarques mettent en cause les investigateurs dans le choix du placebo, qui serait par nature « non éthique », mais ne poserait pas de problème dans des essais menés « sur des Africains et des pédés ». »

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