In Russia, Homosexuals confront intolerance and repression

Published: April 4, 2013

Moscou, envoyé spécial.

Il est unique, il le sait, et s’en moque. Le journaliste Anton Krassovski a commis un acte retentissant, dans le petit monde des élites moscovites. Il a révélé son homosexualité.

C’était le 25 janvier, sur la chaîne confidentielle Kontr TV, qu’il avait contribué à lancer. Le débat portait sur la dernière initiative du Kremlin : l’adoption à la Douma (chambre basse du Parlement) d’une loi réprimant la promotion de l’homosexualité auprès des mineurs, sous peine d’amende allant jusqu’à 12 000 euros. De telles mesures existaient déjà dans des villes de province. Mais jamais auparavant, depuis sa décriminalisation en 1993, le pouvoir russe n’avait organisé une telle attaque contre cette identité sexuelle, toujours considérée comme une déviance par une majorité de Russes. Triste héritage soviétique.

Agé de 37 ans, Anton Krassovski est immunisé contre toute sensiblerie pour avoir trop fréquenté les allées du pouvoir. Ce soir-là, sur le plateau, il lâcha une grenade dégoupillée. Il expliqua qu’il était "homo" mais, surtout, qu’il était un être humain en tout point semblable au président Vladimir Poutine. Son renvoi de la chaîne était scellé. Les vidéos, elles, ont été effacées du site de Kontr TV et de YouTube.

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