HIV and AIDS: Study shows that it is better to screen populations at risk

Published: October 25, 2011

Une étude montre qu’il serait préférable de concentrer les efforts de dépistage sur les populations à risque.

En 2010, le ministère de la Santé, le Conseil national du sida et la Haute autorité de santé avaient fait des recommandations afin que toute personne recourant à un médecin se voie proposer régulièrement un test de dépistage du sida, dans l’objectif d’identifier et de traiter tous les patients contaminés sans le savoir. Or, une enquête réalisée sous l’égide du professeur Anne-Claude Crémieux (Hôpital Raymond-Poincaré, Garches) vient de conclure que le dépistage généralisé du sida ne servirait pas à grand-chose et serait très coûteux.

Ce travail, réalisé à l’initiative de l’Agence nationale de recherche et de lutte contre le sida (ANRS), du Sidaction, avec les urgentistes d’Ile-de-France, met en évidence les limites de cette stratégie. Pour les auteurs de l’enquête, publiée mardi sur le site de la revue Archives of Internal Medicine, il serait plus rentable de s’intéresser davantage aux groupes les plus à risques (homosexuels masculins et personnes originaires d’Afrique subsaharienne).

«Notre enquête s’est proposée de vérifier si un tel dépistage systématiquement proposé avait vraiment un intérêt en santé publique dans un pays comme la France, caractérisée par une faible prévalence du sida, mais avec des groupes à risque bien identifiés, explique le Pr Anne-Claude Crémieux. Nous avons choisi de mener cette enquête en Ile-de-France, région où la prévalence du VIH, le virus du sida, est la plus forte. Et au niveau des urgences, puisque 25 % de la population, toutes classes sociales confondues, les fréquentent.» L’étude a été menée dans 29 hôpitaux de mai 2009 à septembre 2010.

Durant cette période, tous les patients de 18 à 64 ans se sont vu offrir, avec leur consentement, un test rapide de détection du VIH. Parmi les 138.691 personnes passées par les urgences pendant les seize mois de l’enquête, 13.229 rentraient dans la tranche d’âge concernée et plus de 12.700 ont effectivement bénéficié d’un test rapide, réalisé par piqûre au bout du doigt par une infirmière dûment formée à cette pratique.

Risque de stigmatisation

Au total, 18 personnes, (soit 0,14 % du groupe), âgées de 32,9 ans en moyenne, ont été testées «positif» pour le VIH. Dans sept cas, il s’agit d’hommes homosexuels et dans dix autres cas d’hétérosexuels originaires d’Afrique subsaharienne. «Plusieurs conclusions peuvent être tirées de cette étude, analyse le Pr Crémieux. D’une part, un tel dépistage est faisable. De surcroît, il a été très bien accepté. En revanche, il apparaît aussi que cette pratique non ciblée sur des groupes exposés à un risque est peu efficace, car 18 personnes positives sur 13.000 testées, c’est très peu. Par ailleurs les cas dépistés aux urgences l’ont été tardivement, alors que la maladie était déjà très évoluée. Si l’on a comme objectif de faire du dépistage plus précoce, il faut procéder différemment.»

Cependant, la principale conclusion des chercheurs est qu’un dépistage élargi à toute la population présente une efficacité limitée : «Toutes les personnes que nous avons dépistées positives appartenaient à des groupes à risque, homosexuels masculins ou individus originaires d’Afrique subsaharienne, sauf une femme du Maghreb pour laquelle nous ne connaissons pas l’origine de la contamination, ajoute le Pr Crémieux. Ce travail confirme qu’un dépistage dirigé vers les groupes à risque serait plus efficace et moins coûteux.»

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