Facteurs de risque d'infection par la syphilis chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes : résultats d'une étude de cas à Lille, France

Published: octobre 3, 2012

Contexte : Une augmentation considérable de la prévalence de la syphilis a été déclarée depuis le début des années 2000 dans les pays du nord, en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Des chercheurs se sont donc investis pour identifier les facteurs de risque de la syphilis précoce chez les HSH à Lille, une grande région urbaine située au nord de la France.

Méthode : Une étude appariée de cas a été menée auprès des HSH âgés de ≥ 18 ans, d’où le diagnostic des cas de syphilis primaire, secondaire ou latente précoce entre avril 2008 et juin 2010. Des contrôles ont conduits à une prise en charge dans des cliniques IST ou à un suivi dans une clinique VIH. Des contrôles n’ont révélé aucun antécédent de syphilis, ni un quelconque cas de syphilis en cours. Ils ont été associés à des cas selon l’âge et le statut sérologique. Grace à des modèles de régression logistique multi-variés conditionnels, des facteurs de risque pour le début de syphilis ont été identifiés.

Résultats : 53 patients atteints de syphilis précoce se sont inscrits. L’âge moyen était de 37 ans, avec une prévalence de séropositivité au VIH estimée à 47%. Pour l’analyse, ils ont été associés à 90 contrôles. Les facteurs associés à la syphilis étaient les suivants : le faible niveau d’instruction (OR = 5,38 ; 95% ; IC 1,94 à 14,94 ; p = 0,001), la pratique de rapports sexuels réceptifs par voie orale avec des partenaires masculins occasionnels sans préservatif (OR = 4,86 ; 95% ; IC 1,63 à 14,48 ; p = 0,005) et l’utilisation des jouets sexuels par voie anale avec des partenaires masculins occasionnels (OR = 2,72 ; 95% ; IC 1,01 à 7,32 ; p = 0,05). En outre, la recherche de partenaires sexuels en ligne (OR = 5,17 ; 95% ; IC 1,33 à 20,11), l’utilisation de poppers (OR = 2,2 ; 95% ; IC 1,1 à 4,3) et la consommation de médicaments contre la dysfonction érectile (OR = 1,9 ; 95% ; IC 1,0 à 13,2) n’ont été associée à la syphilis que dans l’analyse uni-variée.

Conclusions : Cette étude a permis de conclure que la pratique de rapports sexuels réceptifs par voie orale sans préservatif et l’utilisation de jouets sexuels par voie anale présentaient un risque majeur d’infection par la syphilis. Bien que ces pratiques se soient avérées présenter un faible risque de transmission du VIH, le grand public n’est pas conscient de leur impact sur la transmission d’autres IST.

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