An app is created to report homophobic violence in Belgium

Published: January 19, 2012

Constitué suite à une agression homophobe à Bruxelles en juin 2011, le mouvement Outrage! vient de présenter une nouvelle application pour smartphones. Elle permet aux victimes de signaler immédiatement une agression verbale ou physique

Nommée «Bashing», cette nouvelle appli permet aux gays, lesbiennes ou trans victimes d’agression verbale ou physique d’indiquer sur Google Maps où elles ont eu lieu et comment elles se sont déroulées. Elle est disponible via l’iTunes Store et l’Android Market.

Depuis sa création, Outrage! a constaté une augmentation des agressions homophobes dans les environs du quartier gay bruxellois, la plus impressionnante étant celle commise en décembre au Fontainas (lire notre article), un bar très fréquenté. Selon ses statistiques, six homosexuels sur dix auraient déjà été victimes d’agression verbale et un sur cinq de menaces. Même si n’importe qui peut utiliser l’application et donc dénoncer des faits inventés (ce qui s’est d’ailleurs produit dès sa mise en route), il s’agit d’un outil de sensibilisation intéressant. A la fin de la déclaration, l’appli rappelle en effet à l’utilisateur qu’il peut signaler les faits au Centre pour l’Egalité des Chances et déposer plainte auprès de la police.

Encourager le dépôt de plaintes
En dépit de ses limites techniques, l’application pourrait donc permettre d’appréhender un phénomène largement sous-estimé. Mercredi encore, le tribunal correctionnel d’Anvers a rendu son jugement dans un dossier d’agression à l’encontre d’une personne homosexuelle commis en 2010. Le Centre pour l’égalité des chances avait demandé une requalification des faits tenant compte du caractère homophobe de l’agression. Les circonstances aggravantes n’ont dans ce cas pas été retenues contre les agresseurs, dont l’un a toutefois été condamné à une peine de travail de 150 heures.

Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre, explique qu’aujourd’hui «seule une petite partie des crimes de haine sont signalés à la police. Or les conséquences que provoquent chez les victimes ces agressions, parfois extrêmement violentes, sont loin d’être anodines. Il reste donc nécessaire d’encourager le dépôt et le traitement efficient de plaintes en cas d’agression, d’incitation à la haine ou de discrimination.»

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